
CentrĂ© sur l’expĂ©rience utilisateur et puisant dans la psychologie cognitive ou les sciences sociales, l’UX design a Ă©voluĂ© Ă la fin des annĂ©es 1990. Auparavant, il Ă©tait composĂ© de webmasters, un mĂ©tier qui englobait Ă la fois l’ergonomie, le graphisme, le dĂ©veloppement web ou encore le rĂ©fĂ©rencement. Il reprĂ©sente aujourd’hui une discipline Ă part entiĂšre, qui permet de placer l’utilisateur au centre des projets de crĂ©ation de sites ou d’applications sur Internet. Si vous avez encore besoin d’ĂȘtre Ă©vangĂ©lisĂ© au sein des entreprises, c’est une expĂ©rience recherchĂ©e par les recruteurs.
L’UX design, une approche qui consiste Ă satisfaire les besoins des utilisateurs
La mission du designer UX est d’organiser, structurer et prioriser le contenu, tout en travaillant sur l’ergonomie des interfaces pour optimiser l’expĂ©rience utilisateur. “C’est un travail basĂ© sur le ressenti des utilisateurs et produit Ă partir de donnĂ©es analytiques”, explique Maxime VĂ©tillard, directeur artistique de l’agence de communication numĂ©rique RouleMarcel et intervenant Ă MyDigitalSchool Ă Angers. Au cours des diffĂ©rentes phases d’un projet, le designer UX interrogera les utilisateurs pour transformer leurs besoins en une solution spĂ©cifique, dĂ©terminer les diffĂ©rentes fonctionnalitĂ©s, concevoir des maquettes, rĂ©aliser des prototypes et mĂȘme des tests utilisateurs. Ainsi, vous serez amenĂ© Ă collaborer avec les diffĂ©rents intervenants (chef de produit, dĂ©veloppeur, etc.).
De formation administrateur rĂ©seau et dĂ©veloppement, avant de devenir chef de projet puis responsable marketing, c’est la question de l’utilitĂ© d’un produit ou d’une fonctionnalitĂ© qui a conduit Anthony RiviĂšre vers le mĂ©tier d’UX designer, il exerce aujourd’hui de maniĂšre autonome. « Je prends les idĂ©es et les besoins de mes clients pour les transformer en fonctionnalitĂ©s et en interface. Je pars de la version existante pour la réécrire afin qu’elle soit fluide, comprĂ©hensible et instinctive. Les itĂ©rations sont ici un principe essentiel de l’UX design : elles consistent Ă analyser un besoin ou une expĂ©rience, puis Ă concevoir et dĂ©velopper des fonctionnalitĂ©s, pendant une durĂ©e limitĂ©e, puis Ă rĂ©pĂ©ter ces opĂ©rations pour aboutir au produit final.
UX et UI design : entre frontiÚre et continuité
Si le mĂ©tier de web designer reprĂ©sente la fusion des profils de designer UX et UI, avec des compĂ©tences en intĂ©gration web, ces deux disciplines sont Ă la fois complĂ©mentaires et diffĂ©rentes. Pour Maxime VĂ©tillard, « l’UI designer est le crĂ©ateur qui va donner aux interfaces une singularitĂ© graphique. Erminio Porcu, consultant en design UX et directeur pĂ©dagogique de MyDigitalSchool Ă Caen, dĂ©finit le design UI comme « la pierre angulaire d’une dĂ©marche d’utilisabilitĂ© ». S’il s’agit d’une Ă©tape dans une approche UX, il ne peut y avoir de frontiĂšres entre UX et UI design.
MĂȘme constat pour Anthony RiviĂšre, qui prĂ©fĂšre souligner la continuitĂ© entre les deux disciplines. « Prenons un cas concret : je m’interroge sur un bouton de validation rouge. La couleur est supposĂ©e appartenir au domaine de l’expĂ©rience de l’interface utilisateur. Cependant, si je mets un utilisateur devant ce bouton rouge, il aura du mal Ă cliquer dessus. Pour mieux comprendre la diffĂ©rence entre les deux, il ajoute : « en UX, on va se concentrer sur les besoins de l’utilisateur : le produit est-il facile Ă comprendre ? Son utilisation est-elle instinctive ? L’UI correspond Ă l’interface : est-ce agrĂ©able Ă utiliser ? â.
La nĂ©cessitĂ© d’Ă©vangĂ©liser le design UX au sein des entreprises
Le but de l’UX design est que les utilisateurs comprennent correctement le produit, qui n’auront pas besoin d’ĂȘtre formĂ©s pour pouvoir utiliser un site web ou une application. âGagner du temps en support. Le fait d’avoir travaillĂ© avec un panel d’utilisateurs, d’avoir testĂ© notre produit, fait qu’ils reviendront moins souvent nous demander comment utiliser une fonctionnalitĂ© », ajoute LoĂŻc Vanderschooten, PDG et co-fondateur du cabinet de conseil et Floax. studio numĂ©rique et intervenant en UX design au sein des campus de Rennes, Nantes et Angers de MyDigitalSchool. « Selon les derniers chiffres actuels, les Ă©conomies de coĂ»ts de support pour les entreprises sont estimĂ©es Ă environ 30 % lors de l’intĂ©gration d’une approche UX dans le dĂ©veloppement d’un projet. A l’inverse, des coĂ»ts de dĂ©veloppement sont attendus lorsqu’un produit ne rĂ©pond pas aux besoins des utilisateurs. »
Dans le cadre de leurs missions, les UX designers ont parfois aussi besoin de convaincre leurs clients de la nĂ©cessitĂ© d’interviewer un panel d’utilisateurs, pour dĂ©montrer l’intĂ©rĂȘt fondamental de cette Ă©tape dans le processus d’un projet. « Il faut leur faire comprendre qu’ils ne les connaissent pas aussi bien qu’ils l’imaginaient en les confrontant directement aux retours des personnes interrogĂ©es », confirme le formateur. « Pour un client du secteur bancaire, cela a Ă©tĂ© un choc lorsqu’il s’est rendu compte que les utilisateurs ne comprenaient pas les termes prĂ©sents dans le menu d’une application, alors qu’il Ă©tait convaincu qu’ils Ă©taient connus de tous. Une fois le choc passĂ©, il Ă©tait plus facile de le convaincre de passer par cette Ă©tape. »
Les compétences requises et les outils utilisés par les concepteurs UX
Pour pratiquer dans ce domaine, il n’est pas nĂ©cessaire de savoir programmer. En revanche, un profil prĂ©sentant des compĂ©tences en intĂ©gration HTML et CSS n’en sera que plus attractif pour les recruteurs car ils pourront mieux comprendre comment sont construits les prototypes. CĂŽtĂ© outils, Anthony RiviĂšre privilĂ©gie Adobe XD pour les interactions avec ses interlocuteurs et Sketch pour la rĂ©alisation de maquettes. LoĂŻc Vanderschooten, quant Ă lui, utilise Figma : « il permet Ă toutes les personnes impliquĂ©es dans le projet d’avoir accĂšs en direct Ă la maquette, de faire des commentaires, d’Ă©changer des avis et d’apporter des modifications en un seul endroit. Le wireframing, le zoning, la direction artistique, le prototypage cliquable sont Ă©galement possibles. »
L’Ă©coute, l’empathie, la curiositĂ© et les qualitĂ©s relationnelles sont essentielles pour devenir UX designer. « L’utilisateur final de votre application ou de votre site n’est pas nĂ©cessairement un spĂ©cialiste de la technologie ou du numĂ©rique. Pour le comprendre, il faut le laisser s’exprimer, formuler ses sentiments avec ses propres mots et surtout l’observer », prĂ©cise Anthony RiviĂšre. Un point de vue partagĂ© par LoĂŻc Vanderschooten : « il faut savoir interprĂ©ter ce qu’ils nous disent. Pour ce faire, les futurs professionnels de l’UX design doivent travailler la psychologie, lire beaucoup sur le comportement et entrer en contact avec les utilisateurs ». Les experts recommandent fortement l’observation, le suivi en lisant des livres, des articles, en Ă©coutant des podcasts ou en regardant des vidĂ©os sur le sujet. « Travailler sur des projets personnels pour acquĂ©rir d’autres compĂ©tences, ou aller au-delĂ de celles que l’on a acquises, permet de se dĂ©marquer sur le marchĂ© du travail », souligne Ă©galement Maxime VĂ©tillard.
Comment devenir un expert en design UX ?
Suivre une formation spĂ©cialisĂ©e en UX design permet d’acquĂ©rir les mĂ©thodes, les compĂ©tences et les outils nĂ©cessaires Ă l’exercice du mĂ©tier d’UX designer. MyDigitalSchool propose un Bachelor Web Design (bac+3) ouvert Ă tous les profils post-bac, suivi d’un MBA Expert UX/UI Design (bac+5) en alternance. La Licence en Web Design suit une formation progressive : les deux premiĂšres annĂ©es sont polyvalentes et permettent aux Ă©tudiants d’acquĂ©rir une solide culture numĂ©rique, tout en apprenant Ă mener un projet de crĂ©ation de site internet. Une troisiĂšme annĂ©e de spĂ©cialisation en alternance est entiĂšrement consacrĂ©e au web design. Le MBA UX/UI Design vise Ă leur apporter un socle de compĂ©tences en gestion de projet, en stratĂ©gie d’entreprise et en entrepreneuriat. Il est ouvert aux profils bac+3 ayant validĂ© une premiĂšre formation au numĂ©rique avec une approche centrĂ©e utilisateur. « Au-delĂ des compĂ©tences techniques, nous recherchons avant tout des profils Ă forte empathie et trĂšs curieux », prĂ©cise Estelle Jollivet, coordinatrice pĂ©dagogique de l’Ă©cole.
La spĂ©cificitĂ© de MyDigitalSchool : pour ces deux parcours, les Ă©tudiants travaillent sur un projet de longue haleine, de la rĂ©alisation du prototype fonctionnel et du plan webmarketing d’un projet digital rĂ©el ou fictif en licence, Ă la crĂ©ation d’une start-up en MBA. Les Ă©quipes sont pluridisciplinaires avec des Ă©tudiants issus d’autres domaines de l’Ă©cole (dĂ©veloppement web, marketing digital, etc.). « L’intĂ©rĂȘt de ces projets est multiple : nos Ă©tudiants apprennent Ă communiquer avec d’autres mĂ©tiers du numĂ©rique, dĂ©veloppent leur capacitĂ© Ă gĂ©rer un projet sur le long terme et se crĂ©ent une expĂ©rience professionnelle dont ils pourront facilement profiter lors de leur recherche d’emploi. » Des ateliers avec de vrais clients permettent aux Ă©tudiants d’acquĂ©rir des compĂ©tences en matiĂšre de conseil et de relation client. D’autres projets sont proposĂ©s pour constituer un dossier professionnel : « les sujets sont libres, pour qu’ils puissent faire un sujet qu’ils aiment. Les contraintes donnĂ©es sont lĂ pour donner un contexte professionnel et soutenir votre travail », conclut le formateur Maxime VĂ©tillard.
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